
1. La bonne pression : ce que dit le manomètre
Le manomètre de la chaudière, à aiguille ou sur l'écran, indique la pression de l'eau dans le circuit de chauffage. Sur une chaudière murale de maison ou d'appartement, la valeur à froid se situe en général entre 1 et 1,5 bar. Pendant la chauffe, l'eau se dilate et la pression monte de quelques dixièmes : 2 bars en fonctionnement n'a rien d'anormal.
Ces chiffres sont des repères : la plage exacte figure dans la notice de votre appareil, et elle est un peu plus haute dans une maison à étages, où l'eau doit monter jusqu'aux radiateurs du haut. Beaucoup de manomètres portent une zone verte : tant que l'aiguille y reste, tout va bien.
Deux seuils comptent. En dessous d'environ 0,5 à 0,8 bar selon les modèles, la chaudière se met en sécurité et affiche un défaut. Autour de 3 bars, la soupape de sécurité s'ouvre pour protéger le circuit : c'est elle qui goutte quand la pression monte trop.
2. Remettre la pression à niveau
La remise à niveau se fait par le robinet de remplissage, qui relie le circuit de chauffage à l'eau du réseau. Selon les installations, c'est un petit robinet sous la chaudière, une molette sur l'appareil, ou un disconnecteur muni de deux robinets sur un tuyau voisin. Certaines chaudières récentes se remplissent même seules.
- faites-le chaudière froide, ou au moins à l'arrêt depuis un moment, pour lire la pression réelle ;
- ouvrez le robinet de remplissage doucement, en gardant les yeux sur le manomètre ;
- refermez dès que la valeur indiquée par la notice est atteinte, généralement entre 1 et 1,5 bar ;
- vérifiez que le robinet est bien refermé : un robinet qui reste entrouvert fait grimper la pression jusqu'à la soupape ;
- relancez la chaudière, et notez la date et la valeur.

3. Une baisse après une purge est normale
Chaque purge de radiateur chasse de l'air, mais aussi un peu d'eau : la pression baisse d'autant. Après avoir purgé plusieurs radiateurs en début de saison, il est normal de devoir remettre la pression à niveau une fois. C'est la suite logique de la purge des radiateurs froids, pas le signe d'une panne.
Ce qui n'est pas normal, c'est d'y revenir. Un circuit de chauffage est un circuit fermé : une fois rempli et purgé, il garde sa pression des mois durant. S'il faut rajouter de l'eau toutes les semaines, l'eau s'en va quelque part.
4. Quand la pression rechute : les quatre causes
Dans l'ordre où on les rencontre le plus souvent sur le terrain :
- la soupape de sécurité qui fuit : regardez son évacuation, souvent raccordée à l'égout sous la chaudière ; si elle goutte, l'eau du circuit part par là, sans aucune trace au sol ;
- le vase d'expansion dégonflé : il absorbe la dilatation de l'eau pendant la chauffe ; dégonflé, il ne joue plus son rôle, la pression grimpe à chaque chauffe jusqu'à ouvrir la soupape, puis redescend une fois l'eau refroidie ;
- une fuite sur le circuit : raccord de radiateur, corps de robinet, purgeur mal refermé, ou tuyau encastré sous un plancher ; une trace d'humidité ou de rouille au pied d'un radiateur met souvent sur la piste ;
- plus rarement, une fuite à l'intérieur de la chaudière, sur l'échangeur ou un raccord interne : elle se voit parfois à des gouttes sous l'appareil.
5. Pourquoi il ne faut pas « juste remettre de l'eau »
Remettre la pression soulage pour quelques jours, mais chaque remplissage fait entrer dans le circuit de l'eau neuve, chargée d'oxygène et de calcaire. L'oxygène nourrit la corrosion, qui forme des boues au fond des radiateurs ; le calcaire se dépose sur l'échangeur de la chaudière. Sur une eau dure — 31,4 °f à Bondy, près de 40 °f à Tremblay-en-France —, le tartre s'installe d'autant plus vite. Le relevé de votre commune est dans notre article sur l'eau calcaire.
Autrement dit, une fuite qu'on compense au lieu de la réparer abîme peu à peu la chaudière elle-même. C'est souvent ce qui transforme une soupape à quelques euros en échangeur entartré, puis en question sur le remplacement de la chaudière.

6. La pression qui monte trop, l'inverse du problème
Une pression qui dépasse 2,5 à 3 bars à froid n'est pas meilleure qu'une pression trop basse. Les deux causes habituelles : le robinet de remplissage resté entrouvert, qui laisse l'eau du réseau entrer en continu, ou un vase d'expansion qui ne joue plus son rôle. Sur une chaudière qui produit aussi l'eau chaude, un échangeur sanitaire percé peut faire passer l'eau du réseau dans le circuit de chauffage, avec le même effet.
Ne touchez pas à la soupape pour faire baisser la pression. Fermez le robinet de remplissage s'il est ouvert, et faites vérifier l'installation si la pression remonte.
Ce que vérifie le chauffagiste
Sur place, le chauffagiste contrôle la pression de gonflage du vase d'expansion, l'étanchéité de la soupape et de son évacuation, les raccords de la chaudière et ceux des radiateurs. C'est aussi un point de la visite d'entretien annuel de la chaudière : une pression qui dérive se repère souvent à ce moment-là, avant de tomber en panne en plein hiver.
Quand la fuite est encastrée, sous un plancher ou dans une dalle, il faut la localiser avant de casser quoi que ce soit : c'est le travail de la recherche de fuite. Et quand tout le reste est en ordre, la réparation de la chaudière se fait le plus souvent sur une pièce précise, pas sur l'appareil entier.
Quand appeler un professionnel ?
- Vous devez remettre la pression à niveau plus d'une fois par mois.
- La soupape de sécurité goutte, ou de l'eau coule sous la chaudière.
- La pression dépasse 2,5 bars à froid, ou monte jusqu'à 3 bars pendant la chauffe.
- La chaudière se met en sécurité pour pression basse alors que vous venez de la remettre à niveau.
- Une tache d'humidité ou de rouille apparaît au pied d'un radiateur ou au plafond sous un circuit.

